De la DPJ aux bancs d’université grâce à la Fondation du Centre jeunesse de Montréal

Le taux de diplomation des jeunes de la DPJ est alarmant. Seulement 25 % d’entre eux ont un diplôme d’études secondaires à 19 ans, comparativement à 77 % pour la moyenne québécoise*. La pandémie a complexifié davantage ce parcours déjà difficile. Pourtant, ces statistiques inquiétantes font souvent ombrage à de grands succès.

Voici l’histoire de Samuel Coulombe, placé dès la naissance, qui entame aujourd’hui des études à la maitrise. Un jeune qui veut prendre la parole pour rappeler qu’un enfant de la DPJ qui réussit, bien qu’on en parle rarement, c’est possible! Il souhaite aussi partager son succès avec tous les donateurs de la Fondation du Centre jeunesse de Montréal qui ont cru en lui.

Samuel Coulombe, 21 ans, à l’aube de débuter des études supérieures à la maitrise. Un jeune de la DPJ ayant bénéficié de l’aide de la Fondation du Centre jeunesse de Montréal pour poursuivre ses études

Gagner à la loterie des familles d’accueil

Samuel a été pris en charge par la DPJ avant même sa naissance. « Ma mère consommait de la drogue. Elle ne pouvait s’occuper ni de moi, ni de mes deux frères, ni de ma sœur. »

À deux ans, Samuel rejoint toute la fratrie dans une même famille d’accueil. Il y restera durant huit ans. « Ça a été une belle période. Malheureusement, lorsque j’avais dix ans, mon père d’accueil est décédé subitement et la famille est tombée en pièces. »

Les frères de Samuel sont envoyés en centre jeunesse, sa sœur dans une famille d’accueil et lui, dans une autre. « Du jour au lendemain, j’ai perdu tous mes repères. Mais ce qui m’a fait le plus de peine, c’est d’être séparé de mes frères et ma sœur! » Malgré le traumatisme de la séparation, Samuel a rapidement pris racine dans sa nouvelle famille d’accueil.

« Onze ans plus tard, je vis toujours avec eux. Je m’implique dans la famille et je les considère comme ma mère et mon père. C’est une chance d’avoir des gens à qui raconter sa journée. Ça prend de la stabilité pour s’épanouir! La vie ne m’a peut-être pas choyé à la naissance, mais je peux dire que j’ai gagné à la loterie des familles d’accueil! »

L’université comme un objectif de vie

Dès son entrée au secondaire, Samuel a un objectif très clair : aller à l’université. « J’ai suivi tous les cours enrichis en maths, sciences, anglais… Je ne savais pas encore dans quel domaine je me dirigerais, mais je savais une chose : j’allais réussir! »

Des mains tendues pour réussir, la Fondation comme une solution

« Mes 18 ans approchaient et je savais que les frais universitaires allaient devenir un vrai problème. Je travaillais une journée par semaine, mais ce n’était pas suffisant. C’est là que mon travailleur social à la DPJ a trouvé une solution : la Fondation du Centre jeunesse de Montréal. On a fait une demande de soutien pour mes études. Mes frais de scolarité, mes livres, mes effets scolaires, mon ordinateur ont été couverts par les bourses de la Fondation. Si j’avais dû travailler pour payer tout cela, je n’aurais pas pu mettre autant d’énergie dans mes études et le résultat n’aurait certainement pas été le même!

« Aujourd’hui, je me prépare à franchir une nouvelle étape : j’entre à la maitrise à l’Université Laval. C’est un grand saut qui me permettra de faire ce dont j’ai envie, travailler sur des projets d’exploitation naturelle en milieu éloigné. »

Moi aussi, je mérite qu’on raconte mon histoire!

« Avant de voler de mes propres ailes, j’ai envie de vous dire que des jeunes comme moi, il en existe plusieurs à la DPJ. Mais on n’entend jamais parler de nous dans les médias. Je suis née d’une mère toxicomane et je ne connais pas mon père biologique. Je possède le même point de départ que plusieurs jeunes dont on retrace souvent le parcours malheureux.

« C’est important pour moi de dire que les enfants de la DPJ ne finissent pas tous dans la rue. Cette image-là est trop véhiculée par les médias. Lorsque l’on est un enfant placé, tout ce que l’on entend, c’est que l’on n’ira pas loin dans la vie. Et à force de l’entendre, on y croit. Souvenez-vous de moi. Je suis né dans un contexte peu enviable et j’entreprends bientôt des études supérieures. Moi aussi, je mérite qu’on raconte mon histoire. »

Préparer une rentrée scolaire en sortie de crise

La crise actuelle frappe de plein fouet les jeunes et davantage ceux en situation de vulnérabilité. Les besoins engendrés par la pandémie plus urgents et plus intenses. La Fondation du Centre jeunesse de Montréal a augmenté de 98 % l’aide apportée, cette année, aux jeunes pour que leur contexte de vie soit favorable à leur réussite, notamment par la poursuite de leurs études. Des loyers, du matériel informatique, des frais de scolarité, du tutorat, des cartes alimentaires, etc. Les initiatives continuent d’être nombreuses pour transformer leur parcours en réussite.

« Grâce à la générosité de notre communauté de donateurs, nous apportons un soutien d’urgence aux jeunes qui n’ont pas d’autres alternatives financières. Des jeunes adultes qui, sans l’aide de la Fondation, devraient sacrifier leurs études pour occuper un emploi les menant souvent dans une situation précaire », rapporte Fabienne Audette, directrice générale de la Fondation du Centre jeunesse de Montréal.

« La prochaine rentrée scolaire est à nos portes et nous savons déjà que la demande sera aussi importante. La sortie de crise nécessite une mobilisation de toute la communauté. Et nous faisons appel à la générosité de tous ceux et celles qui le peuvent, pour appuyer ces jeunes de la DPJ et leur envoyer ce message essentiel : « Nous croyons en toi! Tu as le pouvoir de réussir! »

 

*Goyette, Martin et al. 2020. Les coûts de la sous-scolarisation des jeunes placés. Rapport de recherche Montréal EDJeP.
http://edjep.ca/wp-content/uploads/2020/02/sous_scolarisation_FINAL.pdf