L’histoire de Cristhin, 20 ans : après le cauchemar, l’espoir

 

La vie de Cristhin, jeune femme originaire de la République dominicaine, prend des allures de Cendrillon à son arrivée au Québec. Père absent, belle-mère cruelle, dévalorisation, solitude… tout y est. Tout, sauf la magie. Récit d’une jeune femme courageuse.

 

Changer de pays : la promesse de jours meilleurs

Lorsqu’il se sépare de la mère de Cristhin, le père de celle-ci quitte la République dominicaine pour s’installer au Québec. À l’âge de 11 ans, la jeune fille plie bagage pour le rejoindre, le cœur plein d’espoir face à cette nouvelle vie qui s’ouvre à elle. Un avenir prometteur se dessine : elle pourra étudier, trouver un travail, s’épanouir et quitter la pauvreté. Une chance inouïe! C’est avec confiance qu’elle débarque dans son pays d’adoption.

Malheureusement, ce n’est pas ainsi que les choses se passent.

 

Un rêve qui tourne au cauchemar

À son arrivée, la jeune fille intègre son nouveau foyer. Le choc est brutal. La conjointe de son père l’accueille avec mépris, lui faisant sentir qu’elle est de trop dans cette famille qui compte déjà trois enfants. Si elle se montre tout miel en présence du père de Cristhin, elle révèle son vrai visage dès qu’il s’absente et qu’elles sont seules.

La relation entre elles se dégrade rapidement, jusqu’à éclater en violence verbale, physique et psychologique. « Tu ne finiras pas tes études! », « Tu vas finir dans la rue! », « Tu vas finir comme ta mère! » : les insultes pleuvent sur l’enfant qui ne souhaite qu’être accueillie et aimée. En pleine période d’adaptation et d’apprentissage d’une langue et d’une culture nouvelles, elle redouble d’efforts pour plaire à sa belle-mère et lui prouver qu’elle n’est pas une incapable et qu’elle a tout pour réussir, mais en vain.

 

Une solitude imposée

Le climat toxique qui règne dans la maison finit par avoir raison du couple, qui se sépare. En déménageant avec son père, Cristhin souffle enfin; le cauchemar semble être derrière elle. Que pourrait-il lui arriver maintenant qu’elle s’est éloignée du danger et que son père est à ses côtés?

Le calme est de courte durée et fait place à la tempête lorsque les deux tourtereaux reprennent contact. Peu à peu, Cristhin se voit délaissée par son père, qui quitte l’appartement pour des périodes de plus en plus longues, n’y revenant que pour remplir le frigo de temps à autre. Tous les matins, elle se réveille seule. Tous les soirs, elle rentre de l’école seule. Se prépare à souper seule. Passe ses fins de semaine seule.

À 14 ans, elle vit chez son père. Seule.

« Je me souviens du jour de l’An cette année-là. J’ai attendu mon père toute la nuit pour lui souhaiter la bonne année. Je me suis couchée devant la porte de sa chambre, espérant son retour. Au petit matin, il m’a enjambée sans un mot. J’étais devenue invisible. »

 

Faire face à l’abandon

Au retour d’un voyage dans son pays natal où elle a célébré son quinzième anniversaire en compagnie de sa mère, le pire l’attend. Pour l’accueillir à l’aéroport, le vide. Son père brille par son absence. Elle attend. Longtemps. Les agents de sécurité et la police s’en mêlent. Ils appellent son père, tentent de le joindre, sans succès. En frappant à sa porte, ils découvrent l’appartement vide. Pendant l’absence de sa fille, il a déménagé sans laisser d’adresse.

Le père de Cristhin a abandonné sa fille de 15 ans. Elle l’avait pressenti, redouté, mais n’aurait jamais cru qu’il pouvait passer à l’acte.

Deux choix s’offrent alors à elle : retourner vivre en République dominicaine ou être prise en charge par la DPJ et s’installer dans une famille d’accueil. Malgré le choc de l’abandon et la peur d’être rejetée à nouveau, la jeune fille ne peut se résoudre à tourner le dos à tout ce qu’elle a investi comme temps et énergie pour s’intégrer au pays. Rassemblant toute sa force et son courage, elle décide de rester.

 

Une nouvelle famille et des intervenants aimants : un cocon sécurisant pour s’épanouir

Après les larmes et l’instabilité, Cristhin trouve réconfort et douceur auprès de sa famille d’accueil. Les gens qui lui ouvrent les bras sont aimants, croient en elle et lui redonnent les ailes qu’on lui avait coupées. Avec les intervenants et les éducateurs de la DPJ, elle réussit à reconstruire sa confiance envers les adultes et à croire de nouveau en ses propres capacités, son propre potentiel. Tous les possibles sont encore à sa portée, et elle va tout faire en son pouvoir pour réaliser ses rêves! 

C’est ainsi qu’en 3e secondaire, elle quitte la classe d’accueil pour intégrer le cheminement régulier. Un pas un peu effrayant, mais concluant : elle réussit très bien dans toutes les matières, même en mathématiques. Elle se fait des amies, joue au volley-ball et prend de l’assurance.

 

Le passage à l’âge adulte : prendre son envol

Pour une enfant de la DPJ, l’atteinte de la majorité vient avec son lot de questionnements et d’inconnus. C’est une délicate transition qui sous-entend de quitter sa famille d’accueil, de découvrir sa propre voie et d’assumer des responsabilités d’adulte, comme payer ses factures, gérer ses dépenses et subvenir à ses besoins.

Après quelques tentatives pour trouver la place qui lui convient, Cristhin se retrouve en appartement avec une amie partenaire de volley-ball et entame des études en technologie de médecine nucléaire. Prendre soin des gens et leur apporter un peu de douceur et d’humanité tout en effectuant un travail de précision (une précision toute mathématique!), voilà ce qui la motive. Doucement, elle prend le contrôle de sa vie tout en souhaitant aider les autres. 

 

Des dons qui donnent des ailes

Dans les moments difficiles, la solitude et les difficultés, la DPJ est arrivée comme un baume dans la vie de Cristhin. Dès le moment où la DPJ est entrée dans sa vie, elle n’a plus jamais été seule. Sa famille d’accueil, ses éducateurs, la Fondation et ses donateurs ont été un soutien de tous les instants.

Grâce à leur contribution, les donateurs ont été d’un énorme secours dans le cheminement de Cristhin. Leur générosité a couvert les frais pour ses études, ses activités parascolaires et plus encore. Bien plus que de l’argent, ce sont les moyens nécessaires pour réaliser ses rêves qu’on lui a offerts. Le coup de pouce qui dit « nous aussi, nous croyons en toi ».

À 20 ans, Cristhin peut être fière du chemin parcouru. Elle est un exemple de détermination, de courage et de résilience. Avec l’aide du réseau qui l’a accompagnée dans son parcours, et avec votre aide, chers donateurs, elle peut dire mission accomplie! 

 

Offrir l’espoir : donner à la Fondation du Centre jeunesse de Montréal

Il existe plusieurs façons de donner pour aider des jeunes comme Cristhin qui n’aspirent qu’à s’épanouir et à prendre leur envol. Chaque don compte et fait une énorme différence de manière très concrète dans leur quotidien. Vous leur offrez l’espoir, l’accessibilité à leurs rêves et un sourire pour illuminer leurs journées. 

Vous souhaitez mobiliser votre entourage et donner un sens aux activités que vous mettez sur pied? En organisant une activité-bénéfice au profit de la Fondation du Centre jeunesse de Montréal, vous investissez directement dans l’avenir des enfants et des adolescents les plus vulnérables de la région. Communiquez avec nous dès maintenant pour soumettre votre projet!