Samuel :
de la DPJ aux bancs d’université

Dès la naissance de Samuel, qui est aujourd’hui âgé de 21 ans, le sort semble être jeté. Mère toxicomane inapte à s’occuper de ses enfants, père inconnu, travailleuse sociale qui l’attend dans une pièce attenante à la salle d’accouchement… L’étiquette d’enfant de la DPJ lui colle déjà à la peau, mais ce stigmate ne l’arrêtera pas dans la poursuite de ses rêves et sa quête d’un avenir meilleur.

Portrait d’un jeune homme résilient et persévérant.

Surmonter un traumatisme grâce à la bienveillance

À l’âge de deux ans, Samuel intègre une famille d’accueil où demeurent déjà sa sœur et ses deux frères aînés. Un souhait cher pour sa mère d’accueil, qui met des années à réunir toute la fratrie sous son toit. Une heureuse période commence alors pour Samuel, mais alors qu’il a dix ans, son père d’accueil décède subitement, et la famille vole en éclats. « Ma mère d’accueil aurait bien souhaité nous garder, mais ça n’a pas été possible. Du jour au lendemain, on a tous été séparés. »

Ses deux frères se retrouvent en centre jeunesse, sa sœur dans une famille et lui dans une autre. Tous ses repères s’écroulent. « Ce qui m’a fait le plus de peine, c’est de vivre loin de mes frères et de ma sœur. Mais malgré le traumatisme de la séparation, j’ai rapidement pris racine dans mon nouveau milieu parce que je savais que j’étais là pour rester. » Le couple qui lui ouvre sa porte est attentionné, aimant et lui offre la stabilité nécessaire pour lui permettre de s’épanouir. « J’ai gagné à la loterie des familles d’accueil! »

 

Les études : le chemin vers le succès

Adolescent calme et réservé, le jeune Samuel s’entoure de peu, mais de véritables amis. La lecture occupe une place importante dans sa vie. À son entrée au secondaire, son but est déjà clair : aller à l’université. « J’ai toujours aimé l’école. Je n’étais peut-être pas le meilleur de ma classe, mais j’étais dans le top trois dans presque toutes les matières! Je voulais performer. Réussir, pour moi, ce n’était pas une question : c’était une destination. » Les sciences éveillent rapidement son intérêt. Il suit tous les cours enrichis : math, chimie, physique, anglais… Ses parents d’accueil l’encouragent dans cette voie et le soutiennent.   « Je suis le premier de leurs enfants d’accueil à décrocher un diplôme d’études secondaires. Ils sont très fiers de moi. »

À 17 ans, Samuel obtient son DEC en sciences de la nature du Cégep Édouard-Montpetit. Ses 18 ans approchent, et cela signifie l’arrivée de frais universitaires très élevés. « Je me suis inscrit en géologie avec beaucoup d’enthousiasme. Sauf que pour bien réussir à l’école, je dois pouvoir me concentrer sur mes études. Plus j’avance dans mon parcours, plus mes cours sont exigeants… et plus c’est cher. »

Accompagné de ses parents d’accueil, qui espèrent lui offrir toutes les chances nécessaires pour réaliser ses rêves, il part à la recherche d’une solution. Il est inconcevable que le parcours scolaire de ce jeune homme fonceur, prometteur et ambitieux doive s’arrêter en si bon chemin! C’est là que le travailleur social de Samuel lui parle de la Fondation du Centre Jeunesse de Montréal.

 

Une aide financière et un soutien précieux de la Fondation

Une fois sa demande auprès de la Fondation acceptée, celle-ci prend en charge ses frais de scolarité, le coût de ses effets scolaires et de son ordinateur ainsi que plusieurs autres dépenses. Ne pas avoir à travailler plusieurs jours par semaine pour subvenir à ses besoins est une vraie bénédiction.

Ses parents d’accueil lui gardent également une place dans leur foyer. « Je m’implique dans la famille, j’ai un mode de vie stable et le bonheur d’avoir un bon repas sur ma table au retour de l’école. Je suis vraiment chanceux! »

 

En route vers la maitrise : passeport pour l’autonomie

C’est avec un baccalauréat tout chaud en poche que Samuel, petit garçon de la DPJ placé dès sa naissance, commence un nouveau chapitre de sa vie : une maitrise en géologie à l’Université Laval. « Mon objectif est de travailler sur des projets d’exploitation des ressources naturelles en milieu éloigné. Je suis un gars d’aventure et d’exploration! » Un nouveau départ dans une nouvelle ville qu’il aborde avec confiance, et surtout avec un très grand sentiment de fierté et de reconnaissance. « C’est grâce à l’appui de la Fondation que je suis là aujourd’hui. »

« Pour la suite des choses, je n’aurai plus besoin de son soutien financier. Je laisse ma place à d’autres jeunes qui viennent du même milieu que moi et qui, eux aussi, ont le droit de se bâtir un avenir dont ils pourront être fiers. »

 

Un modèle d’espoir pour tous les enfants de la DPJ

S’il souhaite aujourd’hui prendre la parole pour partager son histoire, c’est que Samuel ne se retrouve pas dans ce qui résonne et occupe le discours public actuel. « Ce qui retient l’attention, ce sont souvent les cas problématiques. Mais tous les enfants de la DPJ ne finissent pas dans la rue, sans qualification. J’ai travaillé fort pour arriver où je suis, et je veux qu’on sache que ça existe aussi des réussites comme la mienne. Même si je viens du même milieu dysfonctionnel que les autres. »

Actuellement, seulement 25 % des jeunes de la DPJ obtiennent leur diplôme secondaire, contre 77 % pour l’ensemble de la population québécoise*.  Samuel est très au fait de cette statistique. « Je suis le premier de ma famille qui termine son secondaire. Ce n’est pas facile pour mes frères et sœurs, mais quand l’image qu’on te donne des enfants placés est qu’ils n’iront pas loin dans la vie, c’est difficile d’y croire soi-même! Quand j’étais jeune, ça me faisait douter de moi, et ça envoie le message à tout le monde que ça ne vaut pas la peine d’investir en nous. C’est très important qu’on entende parler des réussites. Si mon histoire peut aider d’autres jeunes à avoir confiance en eux, alors je vais me dire “mission accomplie”. »

 

La Fondation : des dons qui donnent des ailes

Le parcours de Samuel est une succession de mains tendues vers lui avec bienveillance. Ses parents d’accueil, ses travailleurs sociaux, la Fondation et ses donateurs, tous lui ont apporté un précieux soutien à chaque étape cruciale de sa vie. Donner à la Fondation, c’est permettre à des jeunes comme Samuel d’aller au bout de leurs ambitions, de se construire un avenir lumineux et un nouveau départ rempli de promesses.

Sur le point d’entamer sa maitrise, Samuel regarde avec une grande fierté le chemin parcouru. « Je suis extrêmement fier de ce que j’ai accompli. Et la Fondation y joue un rôle important. Quand tu n’as personne pour te soutenir, c’est difficile d’aller de l’avant. »

Grâce à vous, chers donateurs, Samuel a pris son envol, et c’est réussi!

 

Donner à la Fondation pour que les rêves deviennent réalité

Pour aider et contribuer à la réussite de jeunes comme Samuel, plusieurs formes de dons sont possibles. Chaque don, qu’il soit grand ou petit, est un investissement dans l’avenir des enfants et des adolescents les plus vulnérables de notre société. Une tape dans le dos qui leur dit « je crois en toi ».

Que ce soit pour payer des droits de scolarité, du matériel scolaire, un ordinateur ou des frais de transport aux jeunes poursuivant leur parcours scolaire, vos dons seront très utiles, comme ils l’ont été pour Samuel.

La prochaine année scolaire se prépare dès maintenant. Participez vous aussi à l’épanouissement de jeunes qui, malgré un parcours difficiles, des traumatismes et des blessures, ne souhaitent qu’une chose : réussir.

Merci de croire en eux!

*Goyette, Martin et al. 2020. Les coûts de la sous-scolarisation des jeunes placés. Rapport de recherche Montréal EDJeP.
Pour consulter le rapport, cliquez ici.